L’auto-hébergement: mes débuts.

Le 4 janvier dernier, Genma a écrit le premier article d’une série qui relatera sa découverte de l’auto-hébergement. J’ai d’abord voulu lui répondre dans un commentaire, mais en y réfléchissant un peu, j’ai eu envie d’aborder plus largement le sujet. Je suis adepte de l’auto-hébergement depuis longtemps, et mon point de vue à beaucoup évolué depuis mes débuts. Surtout ces 2 dernières années. Et si à mon avis s’auto-héberger est une nécessité pour chaque personne ayant une vie en ligne, si je veux rester pragmatique, cette solution et tout ce qu’elle implique n’est pas viable à l’échelle individuelle. Ceci pour des raisons techniques essentiellement, mais aussi sociétales. Je me retrouve donc à écrire une série où je relaterai d’abord mon (long) parcours d’administrateur système amateur en 2 ou 3 articles, puis je conclurai sur la façon dont je vois l’auto-hébergement et ses alternatives au sens large en 2016.

Moi, l’informatique et internet

D’abord, je précise que je ne suis pas informaticien et que je ne me suis réellement mis à pratiquer l’informatique que début 2001 lorsque j’ai acheté mon premier PC. Je n’avais pas d’adepte de la discipline dans mon entourage et j’ai fait une grande partie de mon apprentissage seul.

Comme beaucoup, j’ai vite acquis les connaissances pour choisir les composants afin me monter une machine permettant de jouer aux titres récents sur PC. Les jeux vidéos étant la raison première de l’achat de cet ordinateur. La machine et son fonctionnement m’ont rapidement plus intéressés que leur utilisation propre.

Je ferai mes premières tentatives en matière d’auto-hébergement en 2003. Je ne parlerai pas encore d’administration système, ne connaissant même pas l’existence de cette partie de l’informatique à l’époque.

Je n’étais qu’un utilisateur averti de l’ordinateur individuel qui commençait à sérieusement se démocratiser avec l’arrivée d’internet dans de nombreux foyers urbains français.

Mon envie était d’utiliser internet dans « l’autre sens », en donnant par exemple accès à certains de mes fichiers à  distance via les réseaux à des amis.

Car si les grands FAI commerciaux cherchent à tout prix à nous le faire oublier, internet fonctionne de telle sorte que l’on puisse recevoir (vous savez le fameux débit affiché sur toutes leurs pubs), mais aussi que l’on puisse émettre.

Inconsciemment, je trouvais naturel d’utiliser internet de cette façon, même si je ne captais pas encore l’importance de le faire.

J’y reviendrai plus tard, mais cette notion d’émission est un pilier très important de l’auto-hébergement, mais aussi, voir surtout, la clé de l’appropriation d’internet dans sa totalité par notre société.

Anecdote:  j’ai eu la chance d’être abonné à l’ADSL chez Wanadoo dès 2001. Je n’ai jamais été connecté à internet avec un débit montant théorique de moins de 512 kbits/s. Dire que certains rêvent encore d’atteindre ce débit en 2016 dans notre pays…

Déjà l’âme d’un administrateur amateur ? Non plutôt homo erectus de l’adminsys .

Donc vers 2003, sans trop savoir où j’allais, j’ai cherché en premier à mettre en place un serveur FTP sur mon PC de « gamer » sous windows 2000. De fil en aiguille, j’ai commencé à bricoler, lire des semblants de « tutos », auxquels je ne comprenais pas toujours grand chose, et en évitant les plus techniques.

J’installais des logiciels « serveurs » remettant grandement en cause la stabilité de ma machine, j’ouvrais un compte chez no-ip pour compenser ce choix qu’avait fait Wanadoo de changer l’adresse IP publique de ses abonnés toutes les 24 heures (certainement que le FAI historique n’avait pas envie de payer pour transporter les données émises par ses clients). Un joyeux bordel où je passais plus de temps à réparer mes erreurs qu’à obtenir du résultat.

Un peu comme notre ancêtre préhistorique ayant découvert le feu, je voyais les possibilités formidables de ces outils, mais j’avais beaucoup de mal à les comprendre et encore plus à les maîtriser.

Surtout que si de nos jours, chaque passionné ou presque en adminsys possède un site où l’on trouve une quantité importante de documentation, ce n’était pas vraiment le cas à l’époque. Il ne m’était même pas venu à l’idée que je puisse posséder mon propre nom de domaine. Encore un point qui me semblait obscure.

C’est là aussi que j’ai découvert le réseau et le NAT. Parce que si la configuration de nos « box » permet à toute machine de votre réseau local de recevoir, il faut bien « rediriger » quelques ports pour qu’un serveur de ce réseau soit joignable depuis les internets et qu’il envoie ses paquets aux clients. Le réseau pour moi s’étant longtemps limité à cette « ouverture » de ports.

De là, j’ai profité d’un upgrade du fameux PC de joueur pour récupérer des pièces et monter une deuxième machine qui serait destinée à héberger des services accessibles depuis les internets. Nous étions à l’époque des athlons XP. J’ai vite compris que windows (que je ne voyais pas si mauvais à l’époque) ne me permettrait pas simplement d’aboutir dans ma quête d’hébergement perso.

En cherchant de quoi m’aider, j’ai fini par tomber sur une doc traitant du CMS Joomla et expliquant comment l’installer sur une machine faisant office de serveur grâce à la distribution SME server. L’installation et les bases de l’utilisation de cet OS y étaient expliquées et permettaient de faire de son hôte un serveur avec des capacités multiples.

Je me suis rapidement retrouver avec un  système qui fonctionnait plutôt bien. SME est une solution complète, orientée entreprise, avec un système de plugins développés par la communauté et qui permet de faire du mail, du web, du ftp, des partages samba etc, sans taper une ligne de commande. Après l’installation tout peut se faire depuis l’interface web.

D’un  premier abord, c’est l’idéal pour un grand débutant. Sauf que les bases me manquant, je cédais à cette simplicité qui m’empêchait de comprendre comment ces services fonctionnaient réellement. Si on comprend mal ce qu’est un groupe par exemple, on ne peut configurer correctement samba. Et étant un autodidacte pressé, j’ai souvent rencontré ce genre de difficultés et je sais maintenant que j’aurai dû essayer de prendre un peu de recul pour mieux comprendre les choses.

Comme je l’ai dit, l’auto-hébergement n’avait pas réellement d’intérêt à l’époque. Outre ces histoires de débits sur internet, nous sommes à une époque où les tablettes n’existent pas, et ou les téléphones ne savent faire que téléphoner. Il est rare de trouver plusieurs ordinateurs dans un même foyer. De fait, il n’y a aucun intérêt à déployer des services si on a pas de client pour en profiter localement. Typiquement, pourquoi avoir un serveur de partage de fichiers alors qu’il est plus simple et plus économique d’ajouter un disque dur de 120Go au seul PC du foyer. (Oui, vous avez bien lu, était à l’époque ce qui se faisait de mieux en terme de rapport capacité/prix pour un disque dur.)

Je pense que c’est pour cette raison que l’on me répondait quasi systématiquement de « lire le putain de manuel » sur les 2 ou 3 forums où j’allais poser mes questions. Il n’y avait quasiment pas d’amateur se lançant dans la mise en place de telles solutions informatiques. Mon manque de culture m’empêchait, souvent de me faire comprendre et avec quelques bases en administration, je n’aurai pas eu besoin de les poser.

Mon soucis était que la documentation était à l’époque faite pour les « pros » ou les futurs « pros ». Elles avaient une construction logique et s’appuyait sur des notions qu’un administrateur devait maîtriser. Tout l’inverse de ce que j’étais. Je bricolais et j’expérimentais avec des lacunes importantes, et il est vrai que répondre à mes interrogations à propos d’un problème très ponctuel était compliqué alors que je n’avais même pas assez de vocabulaire pour comprendre ces réponses.

Tout n’était pas perdu pour autant.

Même si j’ai souvent mis de coté mon serveur pendant plusieurs semaines ou mois à cause des problèmes que je rencontrais, je finissais toujours par le rallumer et m’y replonger. J’apprenais, et chaque petit objectif atteint me donnait envie d’aller plus loin.

J’arrivais à mettre en place des services globalement fonctionnels même si tout ça restait très expérimental. Petit à petit je découvrais la complexité de l’administration système et je commençais à me frotter à linux. En parallèle, comme les CMS étaient trop lourd, je créais un site web en HTML en m’aidant du célèbre Dreamweaver. J’hébergeais aussi le forum de ma guilde WoW et notre serveur Teamspeak grâce à leur installation automatisée par des plugins proposés par la communauté de SME.

En 2008, alors que j’étais un membre récent mais actif sur forum traitant d’informatique générale, je me suis senti assez sûr de moi pour laisser tomber SME et tout reprendre depuis le début. Oui je sais que de 2003 à 2008 c’est une éternité, mais d’autres occupations d’ordre parentale entre autres, étaient survenues. M’éloignant un peu de mes machines.

Autre raison, c’est à ce moment là que l’admin de ce forum, linuxien depuis de nombreuses années m’a un peu pris sous son aile. Il se proposa de m’épauler dans mon nouveau projet: rebâtir mes services en partant d’une distribution plus généraliste et commencer à écrire une documentation sur le sujet à l’intention des débutants. Ceci afin de leur éviter de galérer autant que moi.

Ce sera un des sujets du deuxième article de cette série. Cet article est déjà bien trop long (lourd ?) 😉

 

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3 Responses to “L’auto-hébergement: mes débuts.”

  1. J’aime bien ce genre d’histoire et de témoignage, étant moi-même autodidacte et ayant connu les mêmes époques (mais je n’ai eu l’ADSL qu’en 2008…), je bidouillais sur mon lan local sur des PC récupérés sur les trottoirs.

    genma
    janvier 7th, 2016 at 14 h 15 min Répondre
    • Merci, je vais tenté de faire avancer la suite, mais je pense que le dernier article sur mon point de vue sur l’auto-hébergement sera le plus intéressant 😉

      Tom23
      janvier 8th, 2016 at 17 h 55 min Répondre
      • Cool de lire ton témoignage du coup on se sent moins seul même si on a pas eu le même parcours.

        Hâte de lire la suite même si j’ai une vague idée de certains passage.

        Jambo
        janvier 11th, 2016 at 23 h 53 min Répondre

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